A la rentrée, une cinquième réforme du code des étrangers sera étudiée en Commissions pour un examen par le Parlement fin septembre 2010. Il s'agit d'un texte complexe aux implications multiples sur la situation concrète des étrangers cherchant refuge en France. Voici notre analyse de ce nouveau texte...

Nous rappelons que nous ne cherchons pas des résultats rapides : nous sommes engagés dans un changement de l'opinion publique, qui prend du temps. Encore aujourd'hui, nous voyons la plus grande urgence à continuer notre cercle de silence à Toulouse.

 

Dans le silence, se préparer intérieurement à s'engager plus à fond pour
le respect des êtres humains.

 

"Rappelez-vous le visage de l'homme le plus pauvre et le plus faible que vous ayez rencontré, et demandez-vous si l'acte que vous envisagez lui sera utile.

Va-t-il y gagner quelque chose ?

Cela va-t-il lui rendre le contrôle sur sa propre vie et sur sa destinée ?

Alors vous verrez vos doutes et votre moi se dissiper"

Gandhi

Depuis le 30 octobre 2007, tous les derniers mardi du mois de 18 h 30 à 19 h 30, à l'initiative des frères franciscains et des membres de la famille franciscaine toulousaine, des hommes et des femmes, de tous horizons et de toutes sensibilités, se retrouvent place du Capitole, en silence et en prière, pour dénoncer l’enfermement par le gouvernement dans des centres de rétention des personnes étrangères en situation irrégulière.
Saurons-nous trouver des solutions plus respectueuses de l’être humain et de tous ses besoins,
ceux des enfants notamment ?

Nous dénonçons

d’une part l’enfermement de personnes pour le seul fait d’être entré en
France pour vivre mieux ou pour sauver leur vie.

D’autre part, nous tenons à manifester notre inquiétude devant les conditions de détention elles-mêmes :
- Le centre de rétention de Cornebarrieu, ville de la banlieue de Toulouse, apparaît comme un véritable camp retranché.
- La cour où peuvent s’amuser les enfants est encore doublement sécurisée à tel point que de grandes plaques métalliques ont été posées afin d’éviter tout regard extérieur
.

Le centre de rétention administrative de Cornebarrieu

Au nom de l'Evangile et de la dignité humaine, nous ne pouvons laisser faire cela. Par ce
geste nous voulons apporter notre contribution au travail mené, sur le terrain et auprès des
décideurs publics, par différentes associations dont nous saluons les actions.

 

S’agirait-il de personnes à ce point dangereuses pour nous ?
 
Ces problèmes sont mondiaux et complexes : beaucoup nous ont interpellés sur ce point. Nous ne prétendons pas avoir la solution. Mais aujourd'hui nous pensons que nous pouvons aller plus loin ensemble et que le chemin passe par le respect de la dignité de toute personne humaine. Tel est fondamentalement notre espérance. Elle appelle une réflexion collective qui nous concerne tous.

 

Notre silence et notre prière veulent rejoindre les sans-papiers, ceux qui font la loi et ceux qui la font appliquer, ainsi que tous les acteurs que nous sommes chacun à notre manière.
Nous invitons toutes les personnes de bonne volonté, croyants ou incroyants, à nous rejoindre dans le silence.

 

"à des personnes loin de tout engagement, permettre de faire un premier pas"

 

Les frères franciscains de Toulouse et le comité de pilotage des Cercles de Silence. (27/07/10)

 

PS: Nous avons eu connaissance d'autres communiqués utilisant des éléments de ce texte. Tout en exprimant notre sympathie à tous ceux qui s'engagent dans ce débat, nous voulons souligner que ce texte est le SEUL document officiel de notre fraternité.